L’atelier de Nanou – homonyme 17

Nanou on la trouve : ici

C’était un personnage assez singulier.

Il avançait, le torse ceint d’une vieille écharpe,
l’air sain, mais pas vraiment serein.
À son cou pendait une médaille de saint Christophe,
et dans sa poche, soigneusement plié, un mystérieux seing.

Personne ne savait ce que ce seing pouvait bien signer.
Quant à son sein, il y avait longtemps qu’il n’en parlait plus,
préférant laisser ce genre de détail aux médecins et aux poètes.

Un matin, il entra dans la mairie et déclara :
— Je viens déposer mon seing.
Le secrétaire leva les yeux.
— Votre quoi ?
— Mon seing !
— Votre saint ?
— Non, mon seing !
— Votre sein ?
— Certainement pas !
— Alors votre sain ?

L’homme soupira.
— Voilà pourquoi je trouve cette langue française particulièrement singulière.
Il sortit son papier, posa son seing au bas de la page,
remit son écharpe ceinte autour du cou
et repartit sous la protection de son saint.
Le secrétaire le regarda partir.
— Au moins, celui-là, il ne manque pas d’homonymes…
Et il ajouta dans la marge :
« Cas singulier. À classer sans suite. »

Ecridelle – Atelier 3 –

en hommage au prénom de Jill Boris

Je préviens de suite que ce n’est pas mon texte mais celui de Jean Ferrat en hommage à Boris Vian. Le texte est très engagé mais je ne cache pas mes opinions.

Tu vois rien n’a vraiment changé depuis que tu nous a quitté
Les cons n’arrêtent pas de voler, les autres de les regarder
Si l’autre jour on a bien ri, il paraît que « Le Déserteur »
Est un des grands succès de l’heure quand c’est chanté par Anthony
Pauvre Boris

Voilà quinze ans qu’en Indochine, la France se déshonorait
Et l’on te traitait de vermine de dire que tu n’irais jamais
Si tu les vois sur leurs guitares ajuster tes petits couplets
Avec quinze années de retard, ce que tu dois en rigoler
Pauvre Boris

Ils vont chercher en Amérique la mode qui fait des dollars
Un jour ils chantent des cantiques et l’autre des refrains à boire
Et quand ça marche avec Dylan, chacun a son petit Vietnam
Chacun son nègre dont les os lui déchirent le cœur et la peau
Pauvre Boris

On va quitter ces pauvres mecs pour faire une java d’enfer
Manger la cervelle d’un évêque avec le foie d’un militaire
Faire sauter à la dynamite la bourse avec le Panthéon
Pour voir si ça tuera les mythes qui nous dévorent tout du long
Pauvre Boris

Tu vois, rien n’a vraiment changé depuis que tu nous as quittés.

Les croqueurs de môts – défi 331 – La diabolique leçon de piano

Ohé Mâtelôts !!! C’est Jill à la barre

et les mots : cacophie – soupir – portée

avec l’aide de ma cousine MÉLANIE que je remercie pour son coté déjanté.

La Portée-Cage

Dans la pénombre suintante de la crypte la petite portière-cage grince. La portée elle-même n’est plus une ligne mélodique, mais une grille de barreaux de fer d’une noirceur absolue, forgée par un Luthier de l’Enfer. Les notes ne sont pas des ronds noirs, mais des têtes minuscules et hurlantes de pécheurs, emprisonnées entre les lignes, dont les bras forment les hampes. Elles frétillent de panique. Un do dièse est un visage déformé par une douleur éternelle, un la bémol est un crâne avec une seule corne, et un fa, c’est juste un orifice béant qui recrache du soufre. La clef de fa est une serpe rouillée.

Le Professeur-Démon

Lui-même est une gargouille vivante, un professeur-démon-insecte à sept bras, dont un est purement une scie égoïne. Ses yeux sont des lanternes vides, et un sourire carnassier fige son visage en une grimace de satisfaction maniaque. De sa bouche, en guise de notes, sortent des nuées de mouches à viande qui forment des volutes de fumée noire en hurlant les instructions : « Plus vite, espèce de limace d’eau douce ! Plus de sang dans les trémolos ! ». Il tape le rythme non pas avec une baguette, mais avec une chaîne d’ancrage d’un navire négrier.

L’Élève-Martyr

Le petit élève est là, à genoux sur un tabouret clouté d’hameçons, son bandeau non pas de tissu, mais de fer barbelé tressé, qui s’enfonce dans ses tempes. Il n’a plus de doigts, mais des pinces de homard acérées et rouillées, et sa chair a été remplacée par du papier à musique en décomposition. Il pleure, mais ses larmes sont des gouttes de vitriol qui fument en touchant ses mains.

La Cacophonie Mécanique

Chaque touche du piano n’est plus un ivoire, mais un interrupteur d’un piège à loup. Le piano est une monstruosité d’engrenages et de crânes broyés. Quand le garçon appuie sur une touche avec sa pince, une petite guillotine s’abat sur une queue de rat vivante, déclenchant un cri suraigu. Un marteau frappe une cloche de fonderie fêlée. Un soufflet crache un soupir putride et glacial, une expiration de cadavre, qui sent le moisi et le regret éternel. De l’intérieur de la caisse de résonance, une cacophonie d’outre-tombe s’élève : des râles de mourants mêlés au grincement de métal contre os, un chœur dissonant de damnés qui chantent « Au clair de la lune, mon ami Satan… ». C’est insupportable, c’est délicieux, c’est l’harmonie du chaos absolu. Les rats d’égout du dessin sont plus gros et ont des visages de fonctionnaires corrompus.

La Leçon Infernale

Et le professeur se penche, ses sept bras le soutenant comme une araignée géante, et lui murmure à l’oreille : « Parfait. Et maintenant, on s’attaque à la « Sonate du Crâne Brisé » d’Igor Stravinsky, Opus 666. Et n’oublie pas : sur le point d’orgue, tu dois nous faire un soupir si profond que tout l’auditoire se videra de ses intestins. C’est ça, la musique des sphères d’égout. Joue, ou je te fais bouffer ton propre tabouret. »

Au jour le jour – 21 septembre

Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer 2026

La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer est un événement annuel dédié à la sensibilisation et à l’information sur cette pathologie neurodégénérative qui affecte des millions de personnes à travers le monde. Elle vise à mieux faire connaître la maladie, à soutenir les patients et leurs proches, et à encourager la recherche scientifique pour améliorer la prise en charge et, à terme, trouver un traitement curatif.
Cette journée est marquée par des campagnes de sensibilisation, des conférences médicales et des initiatives locales destinées à informer le grand public et à mobiliser les décideurs politiques sur l’importance d’une prise en charge adaptée.


Dictons du jour

Le lendemain de Saint-Matthieu, tu sèmes je sème.
À la Saint-Matthieu les jours, sont égaux aux nuits dans leur cours.
Quand vient Saint-Matthieu, à l’été on dit adieu.
 « Quand il pleut à la Saint-Matthieu, fais coucher tes vaches et tes bœufs »

Mathieu

Naissances en 2025 : 115 garçons (courant)
L’âge moyen des Mathieu est de 33 ans

Personnalité du prénom Mathieu

Le prénom Mathieu désigne une personne ambitieuse. C’est un individu opiniâtre en demande d’attention. Il est par ailleurs volontaire. Souvent assez imprudent, Mathieu a néanmoins toutes les qualités d’une personne déterminée. Mathieu est un garçon qui va au bout de ses ambitions et qui n’a pas peur de se lancer des défis. Enfant, il n’aime pas le désœuvrement et a fréquemment besoin de se fixer des buts à atteindre. Par ailleurs, il apprécie les activités cérébrales comme les casse-têtes. Face à sa témérité, il faut se montrer à l’écoute et encourageant et lui apprendre à être patient, de sorte qu’il apprenne à gérer ses propres attentes.

Embrassons aussi : Matéo, Mathé, Mathelin, Mathis, Mathive, Mazé – Castor, Déborah, Jonas, Alexandre, Mélina, Bézoire, Iphigénie

1998 : naissance de Tadej Pogačar 
1985 : naissance de Chloé Nabédian
1981 : naissance de Alex Vizorek
1929 : naissance de Georges Bernier, dit Choron,  (mort le 10 janvier 2005).
1916 : naissance de Françoise Giroud de son vrai nom Lea France Gourdji
  (morte le 19 janvier 2003).


Défi du samedi – 941- Une histoire de ficelle

La ficelle qui refuse de prendre sa retraite

On la garde parce qu’elle pourrait servir. Et elle sert… un jour, peut-être.

La ficelle est un objet d’avenir.
On ne sait jamais lequel, mais on sait qu’il sera ficelé.
Alors on la range dans un tiroir, avec les élastiques, les boutons orphelins et les vis dont on ignore la provenance.
Et quand on ouvre le tiroir, elle a réussi à faire trois nœuds toute seule.
La ficelle ne vieillit pas : elle acquiert de l’expérience.

 La ficelle, véritable animal domestique

Et si ce bout de ficelle n’était pas un objet, mais une petite bête qui se déplace ?

J’ai beau la ranger, elle revient.
Je la pose sur la table : elle finit sous la chaise.
Je la mets dans un tiroir : elle ressort derrière le meuble.
Je commence à me demander si la ficelle ne serait pas un animal domestique.
Un animal discret, certes, mais qui laisse des traces.
Elle ne miaule pas, elle ne réclame pas à manger… mais elle adore se faire remarquer.

La ficelle, une affaire de famille

En regardant cette photo, je me dis que j’ai peut-être sous-estimé ma collection de ficelles.

Ce ne sont pas de simples morceaux abandonnés au hasard. Ce sont les membres d’une famille nombreuse, dont je devrais entreprendre la généalogie.
Tout commence avec l’ancêtre, une respectable ficelle d’emballage, probablement née dans un atelier ou récupérée sur un colis. Puis viennent les descendants : la ficelle de jardin, la ficelle de cuisine, la ficelle de rôti, la ficelle de paquet cadeau…
Certaines branches ont prospéré. D’autres se sont réduites à quelques centimètres, mais je refuse de les considérer comme éteintes. En généalogie, on ne sait jamais : un petit bout peut cacher une grande histoire.
Il y a aussi les alliances : la ficelle qui s’est unie à un ruban, celle qui a fréquenté un élastique, celle qui a été adoptée par un sac de courses.        
Et comme dans toute bonne famille, certaines ont disparu sans laisser d’adresse. Mais je garde espoir : un jour, au fond d’un tiroir, je retrouverai peut-être la ficelle perdue de 1987.

Et on oublie pas

La ficelle et la théorie du complot : Pourquoi y en a-t-il toujours une ? Parce qu’elles se multiplient en secret ! les ficelles s’organisent.

.La ficelle, symbole de notre incapacité à jeter : Nous vivons dans un monde où l’on jette tout. Mais la ficelle, non, parce qu’une ficelle, ça peut servir !

Week-end en tableau – 1 – Les roses

Balthazar van der Ast

Roses avec un papillon,

Artiste : Balthasar van der Ast (vers 1593/1594–1657)
Date : Années 1630
Technique et support : Huile sur panneau de bois

A une époque où l’on utilisait pas le rose ni le violet Balthazar a su utiliser sa palette Le terme « rose » n’existait pas vraiment comme couleur autonome : Au XVIIᵉ siècle, la nuance était considérée comme un « rouge clair ». On l’obtenait principalement en mélangeant du blanc de plomb à des laques organiques (issues de la garance, du bois de Brésil ou de la cochenille).

  • Le cas du violet : C’était effectivement l’une des couleurs les plus difficiles à élaborer avant la synthèse chimique au XIXᵉ siècle. Pour créer un violet, les peintres juxtaposaient ou superposaient une couche de bleu (souvent de l’azurite ou du lapis-lazuli) avec une laque rouge transparente. Le pigment minéral violet pur (comme le violet de cobalt) n’existait pas encore.
  • L’instabilité des pigments : Les laques roses végétales ou animales utilisées à l’époque étaient très sensibles à la lumière (fugitives). C’est pourquoi de nombreuses toiles du XVIIᵉ siècle ont perdu leurs roses et violets d’origine, devenant grisâtres ou jaunies au fil des siècles.

Chez des peintres comme Balthasar van der Ast, l’usage de ces laques rouges pures coupées de blanc permettait d’obtenir cette fraîcheur rosée caractéristique des pétales, qui relevait d’un réel savoir-faire d’atelier.

Un peintre Hollandais que je découvre ; pour cette toile La fragilité du vivant : La rose épanouie, les pétales légèrement froissés et les feuilles grignotées rappellent la nature éphémère de la beauté et le passage du temps (memento mori).

Le monde marin et exotique : Les deux coquillages précieux (notamment un cône) témoignent de l’ouverture maritime des Pays-Bas et de l’engouement des collectionneurs de l’époque pour les naturalia rares venus des colonies.

Le microcosme des insectes et animaux :
Les myosotis bleus au premier plan rappellent traditionnellement le souvenir persistant.
Le lézard (à gauche) et la sauterelle (sur la tige) incarnent le monde terrestre et la décomposition lente.
Le papillon (un Vulcain) posé sur la rose de gauche symbolise au contraire l’âme, la résurrection et la légèreté spirituelle.

Amande douce Lawrence Alma-Tadema
Covix Pierre joseph Redouté
Fardoise
François
Golondrina63 Henri Fantin Latour
Jazzy.Auguste Desch
Josy
KImcat des roses encore des roses
Pulsatilla
Marie des vignes
Martine tortue
Mireille Edith White
Miss Yves
Monica Breitz J. Williams Warterhouse 
Zaza J.William Warterhouse

Tous les tableaux ne sont pas exposés je reviendrai plus tard.

merci pour vos belles participations;

Le mot mystère 49 – le mot

pour le lundi 28 septembre

tirage 48 – 9 lettres – adjectif qualificatif

définitions : Définition classique : Issu du latin, c’est un adjectif littéraire et poétique qui décrit quelque chose d’éblouissant, d’éclatant ou de phosphorescent.

Définition humoristique : C’est le mot chic pour dire que ton crâne chauve reflète les spots du plafond, ou qu’une tranche de saucisson a une couche de gras particulièrement brillante sous la lumière du frigo à 2 h du matin.

Les épices : Nicéen – Nièce – Nette les pluriels sont acceptés ainsi que les verbes conjugués

A vos dicos et pensez à mettre un titre à votre texte si vous pouvez bien sûr
Faires des anagrammes avec au moins cinq lettres –
écrire un texte avec les mots trouvés et cerise sur le gâteau en rapport avec le mot mystère

Mil et une – 198- Eh nous alors, on a la petite Calor

Mil et une

Regardez-moi cette petite merveille !
Pas besoin d’écran tactile, de Wi-Fi, de programme « linge délicat » ou de connexion avec le smartphone. Elle avait tout compris avant tout le monde : un tambour, de l’eau, de la lessive… et roule ma poule !

Compacte, légère, pratique, elle trouvait sa place partout. Et avec son petit capot incliné, elle avait même un petit air de voiture futuriste. Quant au bouton de commande, inutile d’avoir fait Polytechnique : on tournait, on attendait… et la machine travaillait !

Et puis, surtout, elle avait un avantage considérable : elle ne vous expliquait pas pendant trois minutes que votre programme allait durer 2 h 47. Elle, au moins, allait droit au but !

On pouvait même lui ajouter un peu de lessive parfumée et, après quelques tours de tambour, espérer retrouver ce délicieux parfum de linge propre.

Aujourd’hui, les machines font presque le café.
Mais franchement, pour laver le linge sans vous prendre la tête…

eh bien nous, alors on a la petite Calor.

Week-end en tableau – 2 – Les créatures de légendes

Louis Welden Hawkins

Le sphinx et la chimère désigne principalement un tableau symboliste peint en 1906 par Louis Welden Hawkins, représentant deux monstres mythologiques réunis en un seul être hybride.

L’œuvre : Peinte en 1906, cette huile sur toile mesure 80 par 73 centimètres.
Le style : C’est une réinterprétation symboliste inspirée de la mythologie et de l’art gothique.
La fusion : Le monstre se confond avec une colonne de pierre, rappelant les gargouilles des cathédrales.
Les créatures : Le sphinx possède une tête de femme, un corps de lion et une queue de dragon, tandis que la chimère a trois têtes (lion, chèvre, serpent)

Louis Welden Hawkins, né à Esslingen le 1ᵉʳ juillet 1849 et mort à Paris 17ᵉ le 24 mai 1910, est un peintre britannique naturalisé français

Amande douce
Covix   
Fardoise
François
Golondrina63
Jazzy.
Josy  
KImcat
Pulsatilla
Marie des vignes
Martine tortue
Mireille
Miss Yves
Monica Breitz
Zaza

Et je sui encore de service pour le forums des associations dans mon bled perdu de Haute marne je repasserai ce soir car il encore tôt 6h !

Les plumes d’Asphodèle chez Soène – 10- septembre

Soène

L’inventaire
Ce matin-là, François avait décidé de faire l’inventaire.
Pas l’inventaire d’un magasin, ni celui d’une cave poussiéreuse. Non. François avait une idée beaucoup plus ambitieuse : il voulait savoir ce que ses amis apportaient de plus précieux dans une vie.
Il avait donc installé une grande table et posé devant chaque chaise une petite étiquette.
La première indiquait solitaire.
— Ça, c’est pour Ecrisdelle, annonça-t-il.
Elle protesta aussitôt :
— Moi ? Solitaire ? Je préfère dire indépendante !
Personne n’eut le temps de répondre que Lilou entra, vêtue d’un pantalon corsaire
— À l’abordage ! cria-t-elle.
Catherine arriva derrière elle, vêtue d’un étonnant tee-shirt vert d’une nuance bizaroïde.
— Ne cherchez pas, dit-elle. C’est le vert Catherine.
— Le vert Catherine ? demanda Marie-Sylvie.
— Évidemment ! Après le vert Véronèse, il fallait bien inventer quelque chose !
Marie-Sylvie, justement, avait apporté un livre sous le bras.
— Puisque nous sommes réunis, j’ai pensé que nous pourrions faire quelque chose de littéraire.
— Pas question ! s’écria Jill. J’ai préparé un concert !
Et Jill se mit à jouer comme Rémi l’homme- orchestre et la mandoline en bandoulière.
Maria applaudit : après tout, c’était son anniversaire.
Lydia, elle, attendait patiemment son heure. Elle avait apporté un dessert mystère.
— Après le concert, dit-elle.
Tout le monde accepta.
Tout le monde, sauf Sgr A.
Sgr A regardait alternativement Jill et Lydia.
— Je ne comprends pas, dit-il. Vous chantez ou vous mangez ?
— Les deux, répondit Lydia.
— Ah. C’est donc binaire.
Personne ne sut très bien ce qu’il voulait dire, mais tout le monde trouva cela très subtil.
Béa, qui jusque-là n’avait rien dit, prit alors la parole :
— De toute façon, votre organisation est complètement arbitraire.
— Arbitraire ? s’indigna François. J’ai pourtant tout prévu !
— Justement, répondit Béa. C’est bien le problème.
Un silence suivit.
Puis Lydia posa son dessert sur la table.
Tout le monde se précipita.
François regarda son inventaire.
Solitaire : Ecrisdelle.
Corsaire : Lilou.
Vert : Catherine.
Littéraire : Marie-Sylvie.
Concert : Jill.
Anniversaire : Maria.
Dessert : Lydia.
Binaire : Sgr A.
Arbitraire : Béa.
Il contempla sa liste avec satisfaction.
Il ne manquait plus qu’une chose.
Il prit son stylo et ajouta :
Inventaire : François.
Puis il goûta le dessert.
Et déclara que, finalement, l’inventaire pouvait attendre demain.